Apocalyptica au Tempodrom, Berlin

Est-il encore nécessaire de présenter Apocalyptica ? J’ai eu la chance de voir le fameux groupe qui reprend Metallica au violoncelle, lors de la tournée célébrant leurs 20 ans, le 20 février 2017 à Berlin.

C’est en effet en 1996 que les finlandais sortent leur tout premier album, Plays Metallica by Four Cellos. Ce projet leur permettra de rencontrer un grand succès, et s’ils ont par la suite consacré leurs albums à d’autres reprises ou des compositions, ce soir c’est un retour au projet initial qui est proposé, pour le plus grand bonheur des fans.

J’entre sous le dôme immense et pointu du Tempodrom, et je vais sagement m’asseoir à la place qui m’est assignée. La fosse est en effet remplie de sièges, en mode concert classique, et les photographes n’ont pas accès au devant de la scène. Ma foi tant pis, je ferai avec. Le concert était sold out depuis un moment, et alors que les derniers spectateurs entre dans la salle, les musiciens débarquent sur scène.

dkl_4411

La mise en scène de cette première partie est très sobre. Les quatre violoncellistes vêtus de costumes noirs sont assis devant de grands panneaux gris. Ils démarrent fort avec Enter Sandman, qui met immédiatement le public dans l’ambiance. Je vois déjà des têtes qui remuent, des pieds qui frétillent. Tout de suite après vient Master of Puppets, et les musiciens se mettent à jouer de leurs instruments debout. Le son de la salle est excellent, je ressens les cordes basses des violoncelles vibrer dans ma cage thoracique. Au bout de deux chansons, je sais déjà que la soirée va être exceptionnelle.

Eicca Toppinen introduit brièvement le show, en rappelant qu’il s’agit de la tournée des 20 ans de leur projet, et en annonçant que pour l’occasion, les reprises de Metallica seront jouées telles qu’elles ont été enregistrées pour l’album en 1996. De fait, les musiciens sur scène sont également les quatre violoncellistes originaux du projet, et Antero Manninen, qui avait quitté le groupe en 1999, les a rejoint de nouveau pour cette tournée spéciale. C’est donc un véritable hommage aux fans de la première heure qu’ils nous offrent.

Le groupe continue avec Harvest of Sorrow, puis Unforgiven. A ce moment, les lumières commencent à s’activer et les couleurs sur les motifs du décor créent un rendu psychédélique. Les violoncelles résonnent sous le grand dôme. Ils enchaînent sons lourds reproduisant ceux des guitares électriques, solos survoltés, pizzicato subtil. Les arrangements reprennent fidèlement ceux de Metallica, tout en apportant une touche symphonique bien particulière. Les musiciens ne ménagent pas leur énergie et les violoncelles sont malmenés, les premiers crins se détachent des archets. Apocalyptica, c’est l’essence même de la musique metal : aller toujours plus loin, toujours plus fort, emmener les instruments dans l’extrême, les pousser dans leurs derniers retranchements. Parfois, des effets sonores imitent les grincements saturés des guitares électriques. Le public est toujours sagement assis dans la fosse mais leur attention est pleinement aux musiciens.

Welcome Home conclut la première partie du show. Comme d’habitude, je me suis spoilé la setlist avant le concert, et je sais ce qui va se passer ensuite : les musiciens prennent une pause tandis que les panneaux situés derrière eux sont retirés, dévoilant une gigantesque batterie.

Dès l’instant où le batteur monte sur scène, au milieu du morceau Fade to black, l’ambiance change radicalement, laissant pleinement place au rock’n’roll. Les lumières aussi ont changé, éclairant vivement les violoncellistes debout, qui jouent tout en faisant des headbangs de folie. Les percussions apportent un nouveau rythme et une force aux morceaux. Cette fois, le public se lève et se masse contre la scène.

dkl_4498

Les morceaux passent à toute vitesse, chaque reprise de Metallica a son identité particulière. On arrive alors à Orion, et Toppinen annonce que morceau n’a jamais été enregistré. Tout de suite après, ils annoncent Escape, qui est la toute première reprise que le groupe a essayé, au début de leur projet. En riant, il prévient qu’ils ne l’ont plus jouée depuis 1993. Cette tournée des 20 ans ne rigole pas, ils offrent de vraies exclusivités à leurs fans. Les musiciens parcourent la scène avec leurs violoncelles, apostrophent le batteur, font des grimaces au public.

Quand vient Battery, l’atmosphère est au sommet. Le morceau commence très doucement puis explose dans un tonnerre de percussions et de cordes. Les lumières se déchaînent, les cheveux et les crins d’archets volent en tous sens. Ce morceau restera pour moi le plus réussi du show, puissant et dense.

dkl_4452

Le public chante et crie sur Seek and Destroy, et c’est déjà l’heure du rappel. Les musiciens reviennent avec Nothing Else matters et One. J’avoue que j’ai été un peu déçue de la première, pourtant n’importe quelle version de cette chanson me donne des frissons, mais à cet instant, je ne sais pas, je n’arrive pas à me sentir emportée par la musique. Derniers coups de batterie, derniers frottements sur les cordes, les musiciens disparaissent.

À la sortie de la salle, un guitariste est assis dehors et joue une reprise acoustique… de Metallica. Ça fait comme un au revoir, une transition toute douce pour revenir dans le monde réel.

Photos : CC-BY-SA, Auregann

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s