Sabaton au Velodrom, Berlin

Le concert était annoncé depuis des mois, et j’avais acheté ma place bien à l’avance, pour ne pas être surprise par l’affluence. En fait, face à l’enthousiasme du public berlinois, le concert de Sabaton a été déplacé dans une autre salle, passant de la Columbiahalle (d’une capacité de trois mille personnes) au Velodrom, immense salle de concert pouvant accueillir douze mille métalleux bien déterminés à en découdre.

Les deux groupes qui introduisent la soirée sont dans le plus pur style power metal. Twilight Force évolue dans un univers plein de dragons, d’étoiles, d’elfes et de magiciens, portés par la voix claire et haut-perchée du chanteur. Accept est plutôt porté sur le post-apocalyptique et leur décor ressemble à une usine désaffectée. De ce second groupe, je retiendrai principalement leur sympathique cover de Peer Gynt. Bref, tout ceci n’est qu’une mise en bouche pour moi qui, comme le reste du public, attends les suédois avec impatience.

J’avais déjà vu Sabaton une première fois lors d’une sympathique soirée à Nantes, aussi je savais à quoi m’attendre. L’introduction est un enregistrement de leur reprise de You’re in the army now. Sur scène, les accessoires massifs posent immédiatement le décor, pour ceux qui auraient encore un doute : l’univers de Sabaton, c’est la guerre, rien que la guerre. Tank, canons, fumée, jets de flammes, le groupe entre sur scène et s’installe pour Ghost Division.  Il n’en faut pas plus pour commencer à faire sauter le public. Sur scène, pas de bannière du groupe, mais un écran qui diffusera durant tout le concert diverses images. Je suis un peu dubitative face à cette avalanche d’effets glowy un peu rétro, de flammes et de textes en 3D qui tournent sur eux-mêmes, façon écran de veille de Windows XP. Mais ça ne m’empêche pas d’apprécier la musique qui envahit mes oreilles. Sabaton, c’est fort, simple, carré, mais aussi riche en harmonies, avec la bande son qui vient compléter les guitares, et la voix de Joakim Brodén – j’y reviendrai.

On enchaîne avec Sparta, et du peu que je voix de la scène, il y a bien des guerriers spartiates qui lèvent leurs lances en rythmes pour faire hurler le public – OUH ! AH ! Le tout sur fond d’images sanglantes. Sabaton, c’est un concentré de testostérone qu’on se prend dans la tronche, ça pourrait être surjoué, mais ils le font bien, et la musique est bonne.

Je reviens sur ce que j’ai dit concernant les images qui passent sur l’écran, celles qui contiennent des vidéos sont plutôt bien, et cela donne un contexte historique aux morceaux. De l’Antiquité au XXe siècle, de la Suède au Japon, Sabaton est de toutes les guerres. Chaque chanson raconte un morceau d’histoire, une bataille célèbre, encense les héros et décrit l’adrénaline, le courage et la violence.

Après une brève introduction de leur batteur remplaçant, Joakim passe de l’Écosse avec Blood of Bannockburn aux Vikings avec Swedish Pagans. Plus tard viendra une de mes préférées, Carolus Rex (qui raconte donc l’histoire de Charlemagne et ses envies de pouvoir). On est lancés à toute berzingue sur le champ de bataille.

J’en viens à me demander pourquoi j’apprécie tellement Sabaton, alors que je ne suis pas vraiment portée sur le power metal et que je n’aime pas l’imaginaire militaire d’habitude. Ce sont peut-être les mélodies, toujours efficaces et qui restent en tête, comme autant d’hymnes. C’est sans nul doute la voix de Joakim, profonde comme une tranchée de Verdun, puissante comme une Panzerdivision. Ou encore les harmonies de voix, assurées par les autres musiciens, c’est toujours propre et bien orchestré. Le tout donne une ambiance pleine d’emphase que je ne retrouve nulle part ailleurs.

Quelques morceaux plus tard, Sabaton nous balance Gott mit uns, renommée depuis longtemps Noch ein Bier en référence au slogan que le public allemand scande à chacun de leurs concert. Le groupe est bien sûr venu défendre son dernier album, The Last Stand, et la majorité des morceaux sont issus de celui-ci. Citons par exemple Winged hussars ou Shiroyama, qui nous emmène au milieu d’une armée de Samouraïs. Mais il y a aussi des plus anciennes, comme Resist and bite, hommage à une régiment de l’armée belge.

Le groupe ne prend même pas la peine de se faire désirer pour un rappel : ils reviennent directement avec leur fameuse Primo Victoria. On termine avec To hell and back, dont la mélodie sympathique contraste avec les paroles qui évoquent le syndrome post-traumatique des héros de la Seconde Guerre Mondiale.

L’outro instrumental résonne et nous voilà revenus dans la vie réelle, après une vingtaine de chansons qui m’ont téléportée sur tous les champs de bataille du globe. Un peu sonnée, mais remontée à bloc, avec Carolus Rex qui me restera plusieurs heures en tête.

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