Eden Weint Im Grab, Molllust et Underest à Berlin

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Suite à la sortie de leur nouvel album, Na(c)htodreise, le groupe de dark metal poétique Eden Weint Im Grab organise une petite tournée dans quelques villes d’Allemagne. Nous sommes allées les voir à Berlin ce vendredi 14 avril, entourés par Molllust et Underest, pour une soirée gothique très réussie.

Ça se passe au Wabe, une salle de Prenzlauerberg que je connais surtout pour y aller tous les mois faire de la danse folk. Mais ici, point de hippies valsant sur le parquet, ce sont une bonne centaine de métalleux et goth qui participeront au concert. J’arrive, je m’installe face à la scène avec un Käsebretzel et un Apfelschorle, le bonheur est total.

 

J’arrive juste à temps pour écouter le set d’Underest, inconnus au bataillon. Ils se définissent comme du « Plague metal », la peste, donc, et autres humeurs mortifères semblent être leur univers. Mise en scène à base de runes, masque à tête de corbeau, pas de doute, on est bien dans un état d’esprit pagan. En plus des instruments classiques, on y retrouve une claviériste. Le chanteur crache ses microbes dans un growl plutôt réussi, mais malgré leurs textes venimeux, ils ont la banane sur scène et ne peuvent s’empêcher de nous balancer des grands sourires tout en essayant de réveiller le public un peu froid. Le groupe berlinois est peut-être la première partie, mais ils nous ont servi un set propre et percutant. Une bonne découverte donc.

Pendant la pause, je traîne près du stand de merch et discute un peu avec les artistes. C’est le plaisir de ces petits concerts, tout le monde est réuni au même endroit, les musiciens vont et viennent, très accessibles, ravis de retrouver leur public. Dans le public d’ailleurs, on trouve aussi d’autres musiciens issus de la petite scène goth-metal berlinoise. Une ambiance intimiste et de la bonne humeur.

 

Ça y est, c’est l’heure de Molllust ! Je dois dire que je suis ravie de voir de nouveau sur scène le groupe d’opera metal, après les avoir vus deux fois en tournée, jadis en France, aux côtés de Stimmgewalt et Orphaned Land. C’est un plaisir de retrouver la voix lyrique de Janika, debout au clavier, constituant l’élément central de la scène. Mais il y a aussi une violoniste et une violoncelliste, et naturellement guitare, basse et batterie.

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Dès le début du set, ils nous proposent une petite mise en scène avec König der Welt, où le guitariste, couronne sur la tête, prend le contrôle du groupe, éjecte la pianiste, se balade au milieu du public, fier comme un paon. On sent que les musiciens sont ravis d’être sur scène, après plusieurs mois sans se produire en live.

Molllust, c’est bien plus qu’un énième groupe de sympho. La musique classique est ancrée profondément dans l’ADN du groupe, que ce soit dans la composition, la présence des instruments à cordes (en live, pas seulement sur une bande son), la prestance de la chanteuse. Elle irradie, avec sa robe qui scintille, elle est à la fois en train de marteler les touches de son piano et d’envoler sa voix dans des hauteurs impressionnantes.

D’ailleurs, les trois musiciennes entament un Ave Maria au piano et violons, avant d’être rejointes progressivement par les autres instruments, qui posent leurs sons lourds sur la mélodie sacrée de ce bon vieux Bach. Avec Paradis perdu, c’est un retour à l’atmosphère gothique, des paroles en français qui évoquent tour à tour douleur et nostalgie. Avec Lampedusa et Number in a cage, le groupe n’hésite pas à mettre en avant ses engagements, que ce soit en faveur des droits humains ou animaux.

La fin du set se rapproche avec Voices of the Dead, qui est selon moi le morceau emblématique du groupe, porté comme toujours par la voix inépuisable de la chanteuse. En résumé, quel plaisir d’assister à leur retour ! J’espère que l’on aura l’occasion de les revoir plus souvent sur scène.

 

C’est bientôt l’heure de dévoiler la tête d’affiche, et le public se masse dans la fosse. T-shirts à leur effigie, cris de joie, on sent que les fans d’Eden Weint Im Grab sont ravis d’assister à cette prestation live car, de l’aveu même de leur leader, ils ne se produisent pas très souvent sur scène. Ce soir, ils viennent présenter leur dernier album, Na(c)htodreise (dont vous pouvez lire la chronique ici).

Le groupe berlinois est constitué de leur chanteur, également bassiste, compositeur et auteur de leurs textes poétiques et complexes, de deux guitaristes, d’une violoniste, d’un violoncelliste et d’un batteur. Le tout sera parfois accompagné d’une bande son sur certains morceaux, pour donner plus de profondeur et de diversité d’instruments. Sur scène, ils sont costumés sobrement, leurs visages maquillés de blanc, posant ainsi une ambiance froide et cadavérique sous les lumières bleues.

On démarre avec un double morceau, Traumtod et Bon Voyage, qui sont aussi les deux premiers de l’album. Cette introduction nous plonge directement dans l’ambiance gothique du groupe et Sascha, le chanteur, les yeux exorbités, crache ses textes au rythme lourd des guitares.

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Leur setlist n’est pas composée uniquement de morceaux du dernier album, et on verra aussi réapparaître des chansons plus anciennes. Sur scène, les musiciens sont à la fois concentrés et survoltés, je constate qu’ils scandent les paroles en même temps que le chanteur, alors même qu’ils n’ont pas de micro à leur disposition. On sent leur exhaltation et leur envie de transmettre la profondeur de leur musique. Le violon pousse des cris implorants sur An die Nacht. Face à eux, le public réagit plutôt bien, même si l’ambiance sombre n’est pas propice aux sauts et aux pogos, les fans sont absorbés par les vagues de musique qui déferlent sur eux.

Plus tard, la batterie se déchaîne, un son d’orgue vient introduire l’un des morceaux, les solos de guitare ponctuent le chant rauque, à mi-chemin entre growl et clair, qui n’en finit plus de déverser rage et désespoir. Tout comme dans leur album, les morceaux racontent une histoire, à travers des textes travaillés sur lesquels la musique semble délicatement posée, chacun avec sa propre ambiance. Mais on oublie pas l’aspect metal de tout cela, les grattes envoient du lourd et les crinières voltigent en cadence. Mention spéciale pour Ein Requiem in Sepia, particulièrement sinistre, Aevum et son introduction douce qui laisse ensuite place à un rythme puissant et pesant.

Leur mise en scène sobre et sérieuse, avec peu de mouvements de scène, donne une ambiance froide et inquiétante, et le chanteur est par moments tout à fait terrifiant, grimaçant et montrant les dents alors qu’il continue de raconter les mésaventures dans l’au-delà du pauvre Paul Helian. Après une setlist compacte qui n’a pas laissé au public une seconde pour reprendre son souffle, le groupe se permet un petit rappel et enchaîne avec les deux derniers morceaux, dont In der Toten-Taverne qui est presque festif – presque, pas trop non plus, on est gothique ou on ne l’est pas.

Après le show, les fans se pressent dans le hall pour échanger quelques mots avec les musiciens ou acheter l’un des artefacts présents sur le stand, allant des T-shirts aux romans écrits par Sascha Blach. Pour ma part, je suis ravie, et j’ai trouvé cette soirée vraiment bien conçue. Le choix des groupes était cohérent, tous les trois de bonne qualité, complémentaires sans être redondants, le tout donnant un aperçu subtil de la diversité de la scène gothique allemande.

 

Setlists

Underest :

  1. Geisterschift
  2. Pest
  3. Miasma
  4. Schumied
  5. Medicus
  6. Hexenweib
  7. Eissturm
  8. Hopfurtrank

Molllust :

  1. Ouvertüre Nr. 2
  2. Unshuld
  3. König der Welt
  4. Ave
  5. Paradis Perdu
  6. Number in a cage
  7. Lampedusa
  8. Voices of the dead
  9. Alptraum

Eden Weint Im Grab :

Nous ne vous dévoilons pas la setlist pour l’instant… le mystère reste entier !

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