The Moon and the Nightspirit et soirée folk à Berlin

Bonjour à tous,

Pour ceux qui ne nous connaissent pas encore, bienvenue sur Chroniken der Finsternis, où nous racontons l’actu metal, gothique et médiévale à travers nos yeux de françaises vivant à Berlin.

Pas plus tard qu’hier soir, j’ai assisté au concert de Moon and the Nightspirit organisée par Asgaardian Events, qui n’était pas seulement une soirée dédié au fameux groupe de folk hongrois, mais bien une programmation complète et variée, avec des groupes d’horizons et d’influences diverses.

Ça se passe au Hangar 49, un club qui se situe au bord de la Spree, installé sous les arches du pont où passe le S-bahn, juste au pied de l’imposant bâtiment hébergeant la société de transports en commun berlinoise. C’est une petite salle de concert bordée de tables et de fauteuils moelleux, où moult métalleux sont déjà installés. Je note instantanément l’ambiance détendue, comme si tout le monde se connaissait un peu, les musiciens des groupes sont parmi le public, renforçant l’effet d’un petit monde sympathique et accueillant.

Devil’s Musement, Berlin

On démarre avec un groupe de folk metal local. Ils existent depuis quatre ans et se débrouillent plutôt bien sur scène. On a le combo classique, un chanteur, deux guitares, un bassiste -absent ce soir là-, une batterie, et un instrument mélodique, un accordéon-piano. Le style est festif mais on sent qu’il y a du boulot technique derrière, on sent clairement l’inspiration d’Alestorm, mais sans les mises en scène débiles, tant mieux. On y retrouve toutes les recettes classiques du folk metal : des chansons à boire (ils semblent préférer l’hydromel à la bière, ça change un peu), une chanson de pirate à base de « yohoho », des refrains entraînants que le public peut reprendre en chœur.

Bien sûr on peut trouver des petites choses à leur reprocher, la voix du chanteur pourrait gagner un peu en puissance, mais son enthousiasme et son aisance sur scène en font un bon frontman en devenir. J’ai trouvé dommage que l’accordéoniste soit reléguée en deuxième ligne, un peu cachée par les autres. Quand on a une sympathique musicienne qui assure sa partie et sourit au public, on ne la planque pas derrière les guitaristes, enfin ! Toujours est-il que Devil’s Musement a très bien rempli le rôle qui lui était confié, réchauffer la salle et donner le ton pour la suite de la soirée.

Five Leave Clover, République Tchèque

Avant même qu’ils commencent à jouer, j’aime bien le style de ces six musiciens. Leur mascotte est un mouton noir à béret, portant fièrement son banjo sur l’épaule. Les membres du groupe ont des vestons et des kilts. Sur scène, on trouve un banjo, une guitare accoustique, un violon – c’est lui qui fera les annonces et le show – une chanteuse, une basse et une batterie. Un ensemble moins bourrin que le précédent, mais qui mettra tout de même une belle ambiance. On est donc dans le folklore irlandais ici, mais pas seulement avec des reprises de mélodies traditionnelles : le groupe a ses propres compositions, et ils chantent aussi bien en anglais que dans leur langue maternelle.

Le groupe enchaîne les morceaux hypervitaminés à base de Leprechauns et les chansons un peu plus nostalgiques, comme une complainte en tchèque, le tout étant très agréable à écouter, malgré des petits soucis de tempo parfois – est-ce le batteur qui veut aller trop vite ? J’ai bien aimé la prestation de la chanteuse, sa voix alto qui part souvent en cris, flirtant avec le punk. Le groupe n’a pas peur d’explorer différents styles, et nous proposent une reprise du classique Foggy Dew alternant rock et ska.

À la fin de leur set, le groupe entonne un chant traditionnel polonais, qui est repris en chœur par les membres du groupe suivant.

Open Access, Pologne

On repart dans l’ambiance folk metal avec le troisième groupe. La chanteuse, aux longs cheveux blonds et tout de cuir vêtue, s’occupe du chant clair, tandis que son voisin gère la guitare et le growl. Un second guitariste alignera des riffs très bien réalisés. Deux musiciens retiendront mon attention : tout d’abord la percussionniste, parce que ce n’est pas si commun de voir une femme derrière la batterie. Avec son look un peu hippie, elle assure carrément, et propose un support rythmique impeccable. Ensuite, le violoniste. Son instrument est électrique et a un design particulier, quasiment transparent. Sa présence, par contre, est bien marquée. On est loin des groupes où l’instrument mélodique est une vague décoration dans un coin de scène. Ici le violon prend de la place. Tant dans la composition – on sent que l’instrument a toute sa place au sein des morceaux et qu’ils ont été écrits autour de lui, que dans la présence sur scène, le violoniste guide le groupe et assure le show.

Les influences slaves sont là dans les mélodies, mais sans en faire trop, et les riffs de guitare très techniques apportent l’aspect power metal. Le tout donne donc une performance très bien menée, un bon niveau technique, dans une atmosphère froide et brutale.

The Moon and the Nightspirit, Hongrie

Le groupe de pagan-folk n’en est pas à sa première scène, ils sont passés dans de nombreux festivals aux côtés des plus grands noms du genre. Ils sont seulement quatre musiciens sur scène, mais c’est juste ce qu’il faut pour nous transporter dans leur univers inspiré directement des légendes et du folklore de l’Europe centrale. Ágnes, qui a créé le groupe en 2003, est au chant et au violon, qu’elle tient la tête vers le bas. Elle est encadrée par la basse et la guitare accoustique. Le percussionniste, derrière ses bongos, s’occupera aussi de lancer les pistes instrumentales qui donnent de la profondeur à la prestation live.

The Moon and the Nighstpirit, c’est une atmosphère, plus qu’un enchaînement de morceaux. C’est une expérience chamanique qui commence dès l’instant où les percussions lancent un rythme sourd et profond. On se laisse porter au fil de leurs expérimentations musicales, les variations de tempo, les différents sons et instruments que l’on entend, du didjeridoo au piano, le tout sur un fond électro assez léger. Les voix ne chantent pas vraiment de paroles, elle chante des mélopées tantôt féériques, tantôt inquiétantes, tandis que le guitariste prononce des incantations dont on ne comprend pas le sens. Chaque morceau a son ambiance, mais il n’est pas rare qu’un milieu de l’un d’eux, le style change, et on passe d’un instrumental mystérieux à un rythme joyeux où le public tape dans ses mains. Dans la fosse, les pogos ont laissé place aux danses des sorcières. Spontanés, envoûtés, les corps se meuvent librement dans l’espace.

Je perds le fil des morceaux et me laisse entraîner dans mes pensées. Cette musique est propice à la réflexion, à l’inspiration. Soudain, un solo de percussion réveille la foule de sa transe collective. Est-ce déjà la fin ? Sous les acclamations des spectateurs, le groupe revient jouer quelques uns de ses succès, comme The Secret Path, avant de disparaître, clôturant ainsi une sympathique soirée folk où chaque groupe a trouvé sa place et proposé une bonne performance. Chapeau !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s